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Les Verts Catalogne Nord Confédération écologiste - Parti écologiste |
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E.P.R. ? NON, MERCI !Vous a-t-on consulté ? Avez-vous donné votre avis ? Que nenni ! Le gouvernement, loin de la "concertation" tant vantée, a joué le plus habilement possible pour faire avaler sa couleuvre aux 61% de Français hostiles à l’électronucléaire.
Il sait que la plupart des pays d’Europe qui ont des réacteurs (Allemagne, Belgique, Espagne...) ont pris la voie de sortie du nucléaire.
Il sait que depuis plus de trente ans aucun réacteur nouveau n’a été construit en Amérique du Nord ; et depuis vingt ans aucun dans l’Union Européenne.
Il sait que l’E.P.R. reste dangereux. Il serait "plus sûr, plus fiable". Tiens, tiens, les centrales seraient donc à risque et peu fiables aujourd’hui ? De sérieux problèmes les ont affectées et les affectent (671 incidents significatifs en 2003), et les affecteront. "Nous allons vers un AZF nucléaire", prévient un syndicaliste EDF. Des mesures visent en effet à moins de personnel, moins d’entretien, donc plus de risques. Mais AZF, c’est peu, Tchernobyl a fait mieux : six à sept millions de victimes au long terme.
Il sait, un document confidentiel-défense le reconnaît, que l’E.P.R. n’est pas du tout conçu pour être à l’abri d’un "crash-suicide" d’avion de ligne. Ce qui, n’est-ce pas, est tout-à-fait improbable et impensable...
Il sait que l’E.P.R. laissera s’accumuler, tout comme avant, les déchets dangereux dont on ne sait que faire. Des centaines de générations de nos descendants sur des milliers d’années auront à les gérer (plutonium : 24 000 ans d’activité). Bel héritage. Mais après nous le déluge. De feu, peut-être...
Il sait que l’E.P.R. n’est pas une solution réaliste à l’effet de serre, malgré l’énorme publicité d’EDF sur le sujet. Le nucléaire n’a qu’une part marginale dans la consommation mondiale d’énergie : 3 %. Ce sont les transports et l’industrie les premiers responsables du changement climatique.
Il sait que l’E.P.R. est inutile. Avec un nucléaire surdimensionné, la France exporte massivement son électricité (et doit pour cela construire des lignes THT...). La vraie raison du projet : sauvegarder une industrie menacée et condamnée.
Il sait la facture élevée : trois milliards d’euros au moins, sans parler des coûts de gestion des déchets et du démantèlement des centrales. Et il n’ignore pas que le prix du KWh gaz et éolien est moins cher que le KWh nucléaire, tout compris.
Il sait les limites de la planète en uranium : soixante ans. Uranium que la France importe à 100 %. Ne parlons donc pas d’indépendance.
Il sait que ce choix retardera le développement des énergies renouvelables et augmentera le retard déjà pris par la France dans ce domaine derrière l’Allemagne ou l’Espagne. "Avec le prix de l’E.P.R., investi dans le renouvelable, on pourrait produire deux fois plus d’électricité" dit Michèle Rivasi.
Ils savent. Mais Monsieur de Matignon a "la responsabilité d’assurer la filière nucléaire" ; souci qu’il partage avec Monsieur de Bercy. Lequel a, d’un côté, versé sans sourciller cinq cent mille euros pour le projet et, en même temps, diminué drastiquement les ressources de l’Agence pour la maîtrise de l’énergie et le développement des énergies renouvelables (ADEME). Monsieur de l’Elysée quant à lui multiplie ses talents de commis-voyageur. Mais si la Finlande, le pays-aux-mille-lacs, a cédé au mirage, la Chine, elle, s’est montrée très réticente.
Et puis, en Bretagne, il y a Crozon. Une merveilleuse prequ’île. Là, dans leur repaire, sont pourtant tapis de monstrueux requins noirs, qui marchent à l’atome. Il faut bien qu’on les nourrisse ! Et leurs armes de mort sont là, dans des cavernes secrètes et bien gardées, sous les ajoncs d’or et les bruyères violettes, prêtes à irradier des millions d’innocents. Tant est que le nucléaire, militaire et civil, c’est tout un, l’un dépendant de l’autre et lié à lui (l’E.P.R. consomme le plutonium "militaire"). Maintenant vous savez, vous aussi. Nous savons tous. Et, tous, nous sommes responsables.
LES VOIES DU REFUS "Si tu désapprouves quelque chose, passe-t’en !" disait Gandhi. Dire non, c’est bien. Proposer des solutions, c’est mieux. Mieux encore : les mettre en pratique.
Comment sortir du nucléaire ? Il n’est pas nécessaire de revenir à la bougie et à une société prétechnicienne. Mais bien, abandonnant les mythes de la "croissance" et du "développement durable", de changer notre regard sur l’énergie. Il suffit de remplacer moins d’un cinquième de l’énergie consommée en France. Le nucléaire n’assure en effet que 17 % de cette énergie et il y a d’autres moyens de la produire.
Trois directions s’imposent : être plus sobres dans nos comportements, efficaces dans nos usages et "plus renouvelables" dans nos productions. A confort égal, on peut diviser par deux sa consommation d’électricité : appareils économes (en A), suppression des "veilles", bâtiments mieux isolés, sans "climatisation".
Développons à fond les énergies renouvelables : soleil, eau, vent, biomasse. La France est à la traîne dans ses réalisations et ses recherches, car 90 % des crédits sont monopolisés par le nucléaire.
Une planète sans nucléaire, est-ce irréalisable, utopique ? Notre avenir, dans un monde "durable" et juste, passera par un mode de vie radicalement différent, économe en énergie, respectueux de l’environnement et des générations à venir. Il suffit de le vouloir.
Combien de Tchernobyl faudra-t-il pour le comprendre ? Pour abandonner la folie nucléaire ? Combien ? Oui, je sais, les accidents n’arrivent qu’aux autres, c’est bien connu. Et soyez tranquilles : nos frontières interdisent le passage à tout nuage radioactif !
Philippe Ferrand